Par exemple, les résultats des recherches médicales ne seront applicables qu’à des sujets dans des situations critiques, où le soin ne se réduit pas à l’application des connaissances. Le soin médical constitue un cas dans lequel la science et l’éthique sont nécessaires dans une action conjointe : la science sans l’éthique ouvrirait à l’exercice d’un pouvoir dangereux sur les corps ; l’éthique sans la connaissance scientifique sombrerait dans l’impuissance.

De la même manière, le travail sur les conditions d’existence des vivants peut se partager entre l’écologie, qui pose et décrit un écosystème, et l’accès subjectif à un monde naturel où la protection de l’environnement m’incombe. Étudier la nature pour la comprendre et se sentir responsable d’agir pour le maintien de son équilibre sont deux attitudes bien différentes. Pourtant, encore une fois, la connaissance ouvre l’examen éthique des conditions d’action.

Ce colloque réunira des philosophes et scientifiques, autour des pensées de Bergson, Canguilhem, Merleau-Ponty, Levinas, Deleuze, Nietzsche, Whitehead, et plus généralement des philosophes du XIXe et XXe siècle. Notre réflexion s’articulera autour des axes suivants :
  1. Théorique et norme: Le rapport privilégié au pouvoir du théorique est-il réservé à la science ? N’est-il pas aussi l’apanage de l’éthique qui oscille constamment entre la tentation d’élaborer une théorie du bien, en légiférant et en valorisant les principes, et une valorisation du fait unique et concret qui leur fait exception ?

  1. Pouvoir et responsabilité: Des comités d’éthique sont instaurés pour examiner les projets de recherche concernant les manipulations sur ou avec le vivant. Or, si le pouvoir de la science est considérable, l’éthique met constamment en question la légitimité de ses applications. Que signifie développer un pouvoir scientifique s’il doit être soumis à la validation éthique ? Entre une posture dogmatique et une résignation à une fonction purement consultative, l’éthique peut-elle se frayer une troisième voie

  1. Limites et dépassements: La science semble s’appuyer sur sa propre logique, et obéir ainsi à l’autonomie d’une finalité interne, laquelle la défendrait du danger de son instrumentalisation. Cette manière de procéder ne finit-elle pas, néanmoins, par nuire au projet scientifique ? La science peut-elle trouver son sens en elle-même, en s’imposant sa propre limite et sa propre fin ? En lui inspirant une autre perspective, l’éthique ne peut-elle pas interrompre la fermeture en soi à laquelle s’expose ainsi la science ?

Intervenants: TBA

Comité d'organisation: Flora Bastiani, Isaac Hernandez (Université de Toulouse 2 Jean Jaurès) et David Hansel (CNRS, Université Paris Descartes)

Ouverture des inscriptions en ligne : 15 mai 2017